Dennis Lehanne, un Bostonien très Cinégénique
Quelques grands réalisateurs de cinéma se sont (ou vont prochainement) penchés sur l'œuvre très noire et très intéressante de ce natif de Dorchester (Massachusetts). De Clint Eastwood, avec un superbe et funèbre Mystic River à Martin Scorcese qui s'attèle dés maintenant à l'adaptation du mystérieux et schizophrénique Shutter Island (sortie prévue fin 2009), en passant par l'apprenti réalisateur et comédien star Ben Affleck et son honnête Gone Baby Gone, les histoires concoctées par cet auteur plaisent à Hollywood. Elles mettent en scène un couple de détectives Kenzie & Gennaro qui entretiennent une relation d'amitié amoureuse un peu ambiguë et tournent en général autour de l'enfance maltraitée, domaine qu'il connaît bien puisqu'il a été éducateur d'enfants en difficulté.
Dennis Lehane est né en 1966 à Dorchester (Massachusetts) et
vit dans la région de Boston. Il a d'abord étudié en Floride
et se destinait au métier d'enseignant. Mais de retour dans sa ville natale, Boston, il décide de faire plusieurs petits boulots, de garçon de café à chauffeur de limousine pour vivre dans une période où le virus de l'écriture le submerge. Déjà, c'est à l'université qu'il écrit son premier roman en trois petites semaines. Ce ne sera que quelques années plus tard, en 1994, qu'Un dernier verre avant la guerre" reçevra un Shamus Award, récompense majeure concernant la littérature policière américaine. Du coup, très vite, il va s'imposer comme un "nouveau maitre du roman noir" avec une écriture légère, détachée, ironique et teintée d'humour, mais traitant des sujets les plus sombres. Son couple de détectives, Patrick Kenzie et Angela Gennaro, seront à la tâche dans cinq romans: Un dernier verre avant la guerre donc en 1994, Ténèbres, prenez-moi la main en 1996, Sacré en 1997, Gone baby Gone en 1998 et Prayers for Rain en 1999. Les histoires sont toujours torturées, pleines de rebondissement, empreintes de psychologie, de personnages complexes. Encore plus complexe et décalée dans sa production, Shutter Island en 2000
laisse de côté ces deux détectives pour une plongée glauque et trouble dans le monde de la psychiatrie où manipulés et manipulateurs ne sont pas toujours ceux que l'on croît. Une île noire, balayée par une tempête exceptionnelle, un hôpital psychiatrique, des disparitions et voilà notre auteur prenant plaisir à nous balader de dédales en chausse-trappes. L'adaptation de Martin Scorsese avec le ténébreux Leonardo Di Caprio peut promettre de belles choses (sortie en février 2010, retrouvez quelques impressions dans Shutter Island de Martin Scorcese. En attendant, vous pouvez également retrouver ce livre en BD, dans l'adaptation de la superbe collection Casterman/Rivages/Noir.
A vrai dire, à ce livre, je préfère Mystic River, plus sombre et noir, moins "fantastique" et moins "exercice de style". Même Gone Baby Gone est mieux, malgré quelques longueurs un rien pédagogiques sur l'enfance abusée et maltraitée aux USA. De même, l'adaptation très Eastwoodienne de Mystic River donne un film crépusculaire, mordant et dérangeant, porté par la prestation incroyable de Sean Penn, décidément un immense bonhomme. Du coup, je ne résiste pas à la tentation de vous livrer un court extrait du film.
Vous pouvez donc sans hésiter vous plonger dans l'univers complexe, tordu, très sombre, marqué des stigmates des fêlures de la vie ordinaire et terrible de petites gens, avec en prime une attention particulière pour l'enfant. Mais cette plongée se fera dans la légèreté et l'ironie du style de Dennis Lehane.
et se destinait au métier d'enseignant. Mais de retour dans sa ville natale, Boston, il décide de faire plusieurs petits boulots, de garçon de café à chauffeur de limousine pour vivre dans une période où le virus de l'écriture le submerge. Déjà, c'est à l'université qu'il écrit son premier roman en trois petites semaines. Ce ne sera que quelques années plus tard, en 1994, qu'Un dernier verre avant la guerre" reçevra un Shamus Award, récompense majeure concernant la littérature policière américaine. Du coup, très vite, il va s'imposer comme un "nouveau maitre du roman noir" avec une écriture légère, détachée, ironique et teintée d'humour, mais traitant des sujets les plus sombres. Son couple de détectives, Patrick Kenzie et Angela Gennaro, seront à la tâche dans cinq romans: Un dernier verre avant la guerre donc en 1994, Ténèbres, prenez-moi la main en 1996, Sacré en 1997, Gone baby Gone en 1998 et Prayers for Rain en 1999. Les histoires sont toujours torturées, pleines de rebondissement, empreintes de psychologie, de personnages complexes. Encore plus complexe et décalée dans sa production, Shutter Island en 2000
laisse de côté ces deux détectives pour une plongée glauque et trouble dans le monde de la psychiatrie où manipulés et manipulateurs ne sont pas toujours ceux que l'on croît. Une île noire, balayée par une tempête exceptionnelle, un hôpital psychiatrique, des disparitions et voilà notre auteur prenant plaisir à nous balader de dédales en chausse-trappes. L'adaptation de Martin Scorsese avec le ténébreux Leonardo Di Caprio peut promettre de belles choses (sortie en février 2010, retrouvez quelques impressions dans Shutter Island de Martin Scorcese. En attendant, vous pouvez également retrouver ce livre en BD, dans l'adaptation de la superbe collection Casterman/Rivages/Noir.A vrai dire, à ce livre, je préfère Mystic River, plus sombre et noir, moins "fantastique" et moins "exercice de style". Même Gone Baby Gone est mieux, malgré quelques longueurs un rien pédagogiques sur l'enfance abusée et maltraitée aux USA. De même, l'adaptation très Eastwoodienne de Mystic River donne un film crépusculaire, mordant et dérangeant, porté par la prestation incroyable de Sean Penn, décidément un immense bonhomme. Du coup, je ne résiste pas à la tentation de vous livrer un court extrait du film.
Vous pouvez donc sans hésiter vous plonger dans l'univers complexe, tordu, très sombre, marqué des stigmates des fêlures de la vie ordinaire et terrible de petites gens, avec en prime une attention particulière pour l'enfant. Mais cette plongée se fera dans la légèreté et l'ironie du style de Dennis Lehane.
