Un Amour Fraternel de Pete Dexter
Pete Dexter, ou l'art de l'ellipse. J'avais déjà dit tout le bien que je pense des livres de Pete Dexter à deux occasions, avec God's Pocket et Paper Boy. Eh bien ce livre, beaucoup plus ancien que les précédents, ne déroge pas à la règle. Un histoire familiale complexe au sein de la Mafia de Philadelphie, un homme tiraillé entre le poids de l'hérédité, ses blessures de l'enfance, sa nécessaire fidélité à son clan et le conflit larvé qui l'oppose à son cousin.
Mais loin d'être une histoire de Mafia, à la Scorsese, ce roman nous délivre par touches successives les faits et gestes des protagonistes comme un puzzle dont on a l'image finale dés le début. Car,le prologue du livre, sous forme de communiqué de presse, nous apprend la mort des deux "frères" en 1986. La suite est une lente mais terrible et nauséeuse remontée vers l'enfance de ses deux cousins. La force du roman, et parfois sa difficulté, est de ne pas tout nous dire, de laisser quelques pièces du puzzle manquantes, de nous laisser imaginer les creux. Simple, mais pesant, malin mais direct, parfois dérangeant, pour tout dire noir, il s'agit bien d'un roman très noir qui parle au cœur, aux tripes, à la tête, à l'essentiel de la vie.
Comment ne pas être frappé par cette entrée en matière qui voit un jeune garçon, Peter Flood, assister à la mort de sa petite sœur, écrasée par un flic ripoux à la solde du syndicat, survivre à l'assassinat de son père et se faire recueillir par un oncle méprisé. De l'enfance terrible de Peter, on verra resurgir quelques scories, symptomatiques de cette blessure profonde, comme son côté taciturne, son habitude de sauter des toits (suicide avorté juste après l'accident de sa sœur ?), ses combats de boxes où il dérouille sévère pour mieux se punir d'être encore là. Mais rien de violent ou méchant chez Peter, contrairement à son cousin, Michael, grande gueule, vicieux, lâche et sadique. Celui-ci devient évidemment chef de la Mafia à Philadelphie et Peter ronge son frein dans son ombre. Mais s'il peut encaisser les coups sur le ring, il a de plus en plus de mal à accepter les actes de Michael surtout quand celui-ci essaie de salir, de corrompre le vieux maître es-boxe de Peter. Son refuge, sa famille de substitution sont intouchables même pour sa vraie famille. Les méfaits répétés de Michael auront peu à peu raison du détachement volontaire de Peter (sa fuite ?), de son accommodement vis-à-vis de l'activité mafieuse, de son lien familial et de sa personnalité même. La seule issue possible pour Peter, loin de toute résilience chère à Boris Cyrulnik, sera le drame final, aboutissement d'une lente mais inexorable montée de la sa révolte, comme une lame de fond, encore que l'on se surprend parfois à souhaiter des réactions plus fortes et immédiates.
Mais, le moins que l'on puisse dire c'est que Pete Dexter ne nous prend pas par la main tout au long du roman, il ne balise pas son récit et les événements majeurs surgissent au détour de dialogues ciselés, d'une action anodine. Il faut vraiment faire des efforts pour mériter ce livre, construit autour d'ambiances, de creux, de pleins, de protagonistes où l'activité des mafieux est reléguée au second plan.
In fine, ce roman brosse un portrait saisissant d'un homme complexe qui se libérera d'un joug autant héréditaire que circonstanciel par un drame inéluctable. La vie peut être vraiment une tragédie !
Comment ne pas être frappé par cette entrée en matière qui voit un jeune garçon, Peter Flood, assister à la mort de sa petite sœur, écrasée par un flic ripoux à la solde du syndicat, survivre à l'assassinat de son père et se faire recueillir par un oncle méprisé. De l'enfance terrible de Peter, on verra resurgir quelques scories, symptomatiques de cette blessure profonde, comme son côté taciturne, son habitude de sauter des toits (suicide avorté juste après l'accident de sa sœur ?), ses combats de boxes où il dérouille sévère pour mieux se punir d'être encore là. Mais rien de violent ou méchant chez Peter, contrairement à son cousin, Michael, grande gueule, vicieux, lâche et sadique. Celui-ci devient évidemment chef de la Mafia à Philadelphie et Peter ronge son frein dans son ombre. Mais s'il peut encaisser les coups sur le ring, il a de plus en plus de mal à accepter les actes de Michael surtout quand celui-ci essaie de salir, de corrompre le vieux maître es-boxe de Peter. Son refuge, sa famille de substitution sont intouchables même pour sa vraie famille. Les méfaits répétés de Michael auront peu à peu raison du détachement volontaire de Peter (sa fuite ?), de son accommodement vis-à-vis de l'activité mafieuse, de son lien familial et de sa personnalité même. La seule issue possible pour Peter, loin de toute résilience chère à Boris Cyrulnik, sera le drame final, aboutissement d'une lente mais inexorable montée de la sa révolte, comme une lame de fond, encore que l'on se surprend parfois à souhaiter des réactions plus fortes et immédiates.
Mais, le moins que l'on puisse dire c'est que Pete Dexter ne nous prend pas par la main tout au long du roman, il ne balise pas son récit et les événements majeurs surgissent au détour de dialogues ciselés, d'une action anodine. Il faut vraiment faire des efforts pour mériter ce livre, construit autour d'ambiances, de creux, de pleins, de protagonistes où l'activité des mafieux est reléguée au second plan.
In fine, ce roman brosse un portrait saisissant d'un homme complexe qui se libérera d'un joug autant héréditaire que circonstanciel par un drame inéluctable. La vie peut être vraiment une tragédie !