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Polar Hardboiled

Vous les Durs à Cuire, suivez la route du Polar Hardboiled, du Roman Policier Noir

Ceux qu’on aime de Steve Mosby

J'en attendais plus de ce roman d'un auteur présenté comme très prometteur. Une bonne facture, un suspens convenable, sans pour autant être diabolique, un polar dans la bonne moyenne avec juste un point de départ singulier qui aurait pu donner lieu à plus de fantaisie, mais qui là, est sous-exploité. L'absence de ces petites marques physiques d'affection, de contacts réels, de démonstration spontanée et vivante des sentiments envers l'être aimé peut-elle tuer ? Solitude, contacts virtuels par mail, absences par défaut, par lâcheté, par négligence ou tout simplement par fainéantise sont ils les maux d'aujourd'hui dans des relations interpersonnelles de plus en plus dématérialisées ? La réponse à ces questions aurait pu donner un peu plus de corps au livre qui malheureusement diverge vite vers la facilité d'une histoire de tueur en série (une de plus me direz vous, à juste titre) qui laisse mourir ses proies en les abandonnant ligotées sans eau ni nourriture et en faisant croire à leurs proches qu'elles sont toujours vivantes. Un mail de temps à autre suffit-il à faire croire à leur présence et leur bonne santé ?
Dave Lewis, journaliste et accessoirement magicien, va vite s'apercevoir que ses petites amies anciennes et actuelles disparaissent peu à peu alors qu'il les croit toujours en vie par la grâce de quelques mails. Mais il a eu le malheur de croiser le chemin d'un tueur en série qui va lui faire payer très cher cette rencontre (ou du moins à ses conquêtes).
Le livre se lit agréablement, peut vous faire passer un bon moment mais l'intrigue est vite démontée, les chemins de traverses (liés en particulier aux questions des signes d'affections donnés ou pas aux êtres chers) vite abandonnés pour reprendre l'autoroute de la facilité des productions de polars anglo-saxon (Steve Mosby est anglais) puisant dans la panoplie habituelle des faux-semblants, des rebondissements aussi surprenants qu'un coup de fil dans un call-center, des flash-back dans la petite enfance digne d'une première année de psycho (sexe, violence, filiation) et d'une fin mêlant happy end (sait-on jamais pour l'adaptation au cinéma) et coup de théâtre déjà pressenti une centaine de pages avant.A lire vite fait, paresseusement, mais profitez en pour vous interroger sur les vrais marques d'affection que vous-même prodiguez régulièrement aux êtres chers. Au moins le livre pourra servir à cela !

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