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Polar Hardboiled

Vous les Durs à Cuire, suivez la route du Polar Hardboiled, du Roman Policier Noir

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Havana Room de Colin Harrison

Posté par Hardboiled le 10 novembre 2005, (populaire)  

Tout simplement décevant ... Certes parfois bien écrit, mais peu captivant, peu crédible, mal structuré à la limite du caricatural ! Vous me trouvez un peu dur ? alors suivez le guide : Ca commence avec une situation bien établie de l’avocat new-yorkais Bill Wyeth à qui tout réussit : loft à Manhattan, femme et enfant, mais du jour au lendemain, tout s’écroule, pourquoi ? Parce qu’un enfant meure par sa faute d’avoir…..bu un verre de lait !! Passons sur la vraisemblance, mais c’est le point de départ d’une descente aux enfers, qui est narrée comme ……un voyage organisé au Club Med.
Notre avocat en profite pour rencontrer un tas de gens (évidemment il n’a rien à faire de la journée) et en particulier Allison, la gérante du Steak-house (où se trouve la fameuse Havana Room). Un jour, elle lui demande un service pour aider son ami, Jay Rainey, qui a besoin de toute urgence d'un avocat pour conclure une transaction immobilière. L'affaire (de quelques millions de dollars, ne lésinons pas) doit être réglée avant minuit (toujours très plausible) et elle se passera dans l'Havana Room. Cette transaction va le mener d'événements en événements qui vont faire intervenir une kyrielle de personnages aussi étranges et mystérieux les uns que les autres.

Une galerie de personnages de l’utile au futile en passant par l’improbable 


Accrochez vous car notre ami avocat va rencontrer Jay Rainey, séduisant athlète aux mœurs étranges et au lourd secret (dévoilé à la fin mais franchement quel rapport avec l’intrigue ?), Herschel, cadavre gelé sur le siège d'un bulldozer qu'il faut déplacer de toute urgence (toujours le souci du crédible), Marceno naviguant entre homme d’affaires sympathique ou truand limite mafieux,  H.J., gérant d'une boîte de rap et caricature des caïds noirs chers aux chanteurs de rap de MTV, Ha l’ancien cuisinier chinois de Mao (si, si je vous assure), aujourd’hui employé polyvalent et maître de cérémonie de l'Havana Room (avec une parenthèse absolument surréaliste sur le fugu, poisson-ballon venimeux cher aux japonais et appartenant à la famille des tetraodontidae) et j’en passe. Histoire de nous proposer à l’envie des digressions convenues sur New-York, sans queue ni tête (l’auteur parle du passé du Havana Room avec Frank Sinatra comme probable propriétaire sans aucun apport particulier à l’intrigue). On est assez dérouté car le récit peut passer ainsi du coq à l’âne, comporter des passages aussi inutiles que superficiels et des réflexions sur le récit lui-même, nous prouvant (si besoin était) que même l’auteur a parfois du mal soit à s’y retrouver soit à y croire.
Alors difficile de se plonger et de rester immergé dans ce roman où se déroulent des événements assez peu crédibles et mal structurés. Si « Harrison est à New York ce que Chandler et Ellroy sont à Los Angeles. » comme l’a écrit un critique du New York Times, alors Harrison cuisine chez Mc Do quand James Ellroy est aux cuisines avec Senderens, Ducasse ou Guy Savoye.