La Nostalgie de l'ange d'Alice Sebold
Posté par Hardboiled le 14 juin 2005, (populaire)
Petite entorse au polar (encore que!!!!) pour vous conseiller la lecture d'une pure merveille (je viens juste de le finir) qui vous réconcilie avec la vie malgré les tourments que celle-ci ne manque pas de vous apportez. Allez donc jeter un coup d'oeil aux quelques lignes que m'ont inspirées la lecture de "La Nostalgie de l'Ange " de Alice Siebold..... Certes ce n'est pas un Polar, encore qu'il y a bien un meurtre (et même un viol d'une petite fille), une victime donc, un assassin (voire un sérial-killer) et une pseudo-enquête policière. Mais la lecture de "La Nostalgie de l'Ange " de Alice Siebold mérite que l'on s'y attarde car c'est une merveille d'équilibre entre douleur, douceur, violence, apaisement, peine, joie, amour et haine.
Si Susie Salmon (adolescente de 14 ans) suit, en ce jour maudit de décembre 1973, son voisin par excès de confiance, elle finira rapidement son voyage au paradis après avoir été violée et découpée en morceau. Du haut de son paradis tout neuf, elle va alors contempler et donc nous narrer la façon dont sa famille, ses amis et connaissances vont réagir et vivre (je dirais continuer à vivre) avec cette douleur, cette absence, cette plaie béante que l'on verra tenter de se refermer au fil des pages. Peu importe si l'on arrête ou pas le meurtrier (cela reste accessoire dans le roman), l'important ici est de voir comment les parents de Susie "encaissent" sa disparition, comment il font leur deuil et surtout comment chacun arrive à continuer à vivre malgré la douleur qui reste omniprésente, latente, palpable. D'année en année, on voit les personnages bien vivants (eux) évoluer, modifier leurs rapports familiaux, amicaux ou amoureux sous le regard "nostalgique" de Susie du haut de son paradis qui aurait du vivre cette vie là, qui aurait du ressentir ces sentiments là, amour, peine, douleur, joie, plaisirs simples comme le premier baiser, l'entrée à l'université, le mariage. La grande leçon c'est que la vie reprend toujours le dessus, même si la douleur modifie en profondeur le comportement de chacun, même si la perte d'un être cher reste quelque chose de profondément injuste (d'autant plus si c'est un enfant) et irrémédiablement irréversible.La qualité du livre et de son écriture réside dans l'alternance de moments de joie pure et simple, d'horreur pure et simple, de confidence, d'intense douleur, de futilité et gravité, de sérénité et de plénitude vis à vis de la vie (on peut même pleurer ou à la limite avoir la larme à l'oeil, je sais cela ne fait pas trop polar et "dur à cuire" , mais on peut malgré tout aimer le romantisme). Les morts qui nous sont cher ne nous quittent jamais et la vie peut se construire (ou se reconstruire) engardant ce lien entre les vivants et les morts. Lisez ce livre et réconciliez vous avec la vie, car c'est le bien le plus précieux que l'on possède.