Monstres Invisibles de Chuck Palahniuk
Posté par Hardboiled le 9 novembre 2004, (populaire)
Une fois n'est pas coutume, un coup de gueule pour un polar (enfin si on peut dire) que j'ai du mal à finir et pour cause : il s'agit de "Monstres Invisibles" de Chuck Palahniuk. (Gallimard La Noire). Apâté par le nom de l'auteur et sa réputation sulfureuse, j'ai tenté la lecture de ce polar. Je vous rapelle qu'il est l'auteur de "Fight Club" roman culte récompensé en 1999 par la Pacific Northwest Booksellers Association (eh alors!!) et adpaté au cinéma par David Fincher . La lecture de ce nouveau roman ne fait que confirmer ce que laissait entrevoir le film (efficace mais à l'idéologie douteuse).
Sous pretexte de narrer l'odyssée à travers les états-unis d'une ancienne mannequin défigurée par une balle pas si perdue que ça, il force un peu le trait sur la noirceur (voire l'horreur) avec un style aussi pourri que les chairs de son héroïne meurtrie. D'une vie magnifique, heureuse de mannequin adulée, Shannon passe à un statut de non-être puisque personne ne peut ou ne veut la regarder (trop affreuse avec des descriptions de bouche béante, de chaires en lambeaux et de machoire fracassée). Mais Chuck en fait trop, trop souvent et trop répétitif (chaque phrase ou presque commence par "Saut à suivre" (je suppose que c'est du à la traduction anglaise pour "enter" tapé au clavier) (si quelqu'un a l'explication je suis preneur). J'avoue que l'alibi d'une description d'une société américaine en pleine décadence et rongée par le culte de l'apparence n'autorise pas la facilité et justement d'utiliser les mêmes armes, c'est-à-dire la provocation facile et démagogique.Parfois la vacuité se cache sous des paravents de style facile et gratuit.