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Blacksad Tome 3
Posté par Hardboiled le 4 décembre 2005, (populaire)
Cet article a été écrit par Zanimarre :
Le premier album de la série, publié chez Dargaud en 2000, a immédiatement créé l'impression qu'un classique était né.
La série Blacksad met en scène un privé comme on les aime plongé dans un univers d'une exceptionnelle beauté graphique. Cela n'en fait pas une bédé exempte de défauts. Chaque histoire transpose les années 30 étasuniennes dans un monde où les héros ont des corps plus ou moins humains et des têtes d'animaux. Blacksad le privé est un beau chat noir au corps d'athlète - sur son passage les minettes se pâment, bien sûr. Les décors et les costumes sont ceux de la bonne vieille Amérique des pin-up qui portaient des maillots de bain que les starlettes d'aujourd'hui prendraient pour des robes de nonnes. Quant au point de départ de chaque histoire il est politique : le pouvoir de l'argent (T.1 : Quelque part entre les ombres), la guerre pour la domination du monde par la race blanche menée par des milices racistes (T.2 : Arctic-Nation), et, enfin, l'après-guerre, avec ses scientifiques au passé douteux et ses anti-communistes amateurs de petites listes noires (T. 3 : Âme rouge).
Sur cette base franchement séduisante pour l'amateur de polar se greffe des histoires traitées avec une certaine désinvolture. Ce n'est pas tellement le scénario qui est à blâmer, c'est plutôt l'absence de coup tordu ou d'indices savamment distillés. Blacksad est en ce sens proche du cinéma hollywoodien des années 40, avec ses films noirs où chacunavait la gueule de son emploi, où le noir et blanc magnifiait des films tournés à la va-vite sur des scénarios empruntés à de grands auteurs, où les studios bâtissaient les films pour que des vedettes se rencontrent. Il y a cette polémique chez les passionnés de bd autour du bestiaire de Blacksad. Elle est sans intérêt: après tout, dans un film de genre, chacun a bien la tête de ce qu'il est. Et il y a ce héros, trop beau pour être honnête.Le premier album de la série, publié chez Dargaud en 2000, a immédiatement créé l'impression qu'un classique était né.
La série Blacksad met en scène un privé comme on les aime plongé dans un univers d'une exceptionnelle beauté graphique. Cela n'en fait pas une bédé exempte de défauts. Chaque histoire transpose les années 30 étasuniennes dans un monde où les héros ont des corps plus ou moins humains et des têtes d'animaux. Blacksad le privé est un beau chat noir au corps d'athlète - sur son passage les minettes se pâment, bien sûr. Les décors et les costumes sont ceux de la bonne vieille Amérique des pin-up qui portaient des maillots de bain que les starlettes d'aujourd'hui prendraient pour des robes de nonnes. Quant au point de départ de chaque histoire il est politique : le pouvoir de l'argent (T.1 : Quelque part entre les ombres), la guerre pour la domination du monde par la race blanche menée par des milices racistes (T.2 : Arctic-Nation), et, enfin, l'après-guerre, avec ses scientifiques au passé douteux et ses anti-communistes amateurs de petites listes noires (T. 3 : Âme rouge).
| L'histoire est un mécanique fluide, qui semble secondaire par rapport à la beauté des illustrations et à l'ambiance. Chaque image est conçue avec une multitude de plans. La chronique que le site BD Guest consacre au tome 3 souligne très justement que les scènes semblent avoir été allongées ou raccourcies en fonction de leur intérêt graphique. Sur le plan du cinéma, Blacksad emprunte à Hitchcock cette idée que chaque plan doit être construit, doit se lire dans son ensemble, et que les images doivent aller au-delà du texte. Les auteurs se revendiquent aussi de Régis Loisel connu pour la série La quête de l'oiseau du temps. La filiation est indirecte, mais le travail graphique est vraiment remarquable à travers des aquarelles qui tiennent de l'enluminure et du cadrage cinématographique. | Les illustrations ne sont pas le seul intérêt de la série Blacksad. Il y a la voix off. " Parfois, dit Blacksad dans le tome 1, quand j'entre dans mon bureau, j'ai l'impression de marcher dans les ruines d'uneancienne civilisation. Non à cause du désordre qui y règne, mais pluscertainement parce que cela ressemble aux vestiges de l'être civiliséque je fus jadis. " Tout était dit dès la page 5 du premier tome : BlackSad est un héros qui a perdu ses illusions et qui lutte pour que ce qui être fait le soit. Il ne s'agit pas forcément d'établir la vérité, il peut s'agir de vengeance, mais BlackSad est là pour que les choses soient en ordre. BlackSad est à l'image du monde qui l'entoure: ses fréquents allers-retours dans l'au-delà de la loi ont fait de lui un être d'ombre et d'actions d'éclats. |
Ainsi peut-il devenir le bras armé de la police et châtier celui que les flics ne pourront pas atteindre car la justice s'achète.Cette série doit être lue pour se chopper un bon vieux coup de nostalgie de ce pays qui n'existe pas - la nostalgie des rêves où nous marchons dans les rues sombres, sous la pluie glaciale, un feutre sur la tête, des biceps plein les manches, notre imper déformé par le flingue qui bat contre nos côtes. A la place du coeur, il y a ce battement dur et on se sent l'âme trempée.