Aller au contenu principal Aide Panneau de contrôle

Polar Hardboiled

Vous les Durs à Cuire, suivez la route du Polar Hardboiled, du Roman Policier Noir

Danse avec l'ange de Ake Edwardson

Posté par Hardboiled le 15 juillet 2005, (populaire)  

Sentiment mitigé après la lecture de ce roman qui me laisse un goût d’inachevé dans la bouche (ou plutôt dans l’esprit car je n’a pas encore mangé le bouquin). Certes, le côté désabusé de Erik Winter, le nouveau héros suédois, ses doutes existentiels et sa Suède loin des clichés habituels nous rapprochent du nouveau genre du Polar Scandinave (magnifié par le cher Mankell et son Wallander en fin de carrière), mais quelque chose fonctionne assez mal dans ce livre. Petit résumé de l’histoire : Un jeune suédois est assassiné à l'arme blanche dans une petite chambre d'hôtel à Londres. Parallèlement, à Göteborg en Suède, c'est un jeune anglais qui est tué de manière similaire: un seul et même assassin pour ces meurtres?
Avec l'aide d'un commissaire anglais chargé de l'enquête à Londres, le commissaire Erik Winter et son équipe tentent donc de découvrir ce ou ces assassins. L’intrigue assez ténue ne nous entraîne pas vraiment dans un suspens haletant ou au moins dans un intérêt de bon aloi. Les escapades à Londres (car l’enquête fait sortir Erik Winter de son Göteborg chéri) amènent juste quelques touches « exotiques » sans profondeur réelle. L’histoire est faite de divers tableaux brossés à petites touches, parfois à peine ébauchées à la manière des impressionnistes, mais malheureusement sans ce petit plus et cette dimension merveilleuse qui font que le tableau (ou l’histoire) nous parle vraiment.
De même, suivre les différents personnages, qu’ils soient de l’équipe de Winter ou de Londres tient plus du vagabondage et de l’éparpillement que de l’analyse en profondeur. Ils ont également a des velléités d’introspection ou de réflexions, tout comme lui, mais cela reste parfois superficiel ou mal dégrossi, tel « l’aventure » de la toute jeune recrue Bergenhem qui manque de se brûler les ailes à flirter de trop près avec le monde interlope des nuits suédoises.

Autre petite gêne (tel un caillou dans la chaussure), les dialogues apparaissent parfois mal maîtrisés ou un peu surréalistes. Ils sont souvent sensés installer un climat entre les personnages mais tombent la plupart du temps un peu à plat sans réelle magie. C’est bien dommage et la lecture laisse donc à la fois circonspect et étonné, voire même frustré, car on sent le potentiel derrière ce premier roman qui ne demande qu’à se libérer.Il s’agit je le rappelle des premières aventures du commissaire Winter qui en comprend sept, pour l'instant les quatre premiers seulement sont traduits en français. Ayant lu (avant celui-ci) un autre des livres de Ake Edwardson (Ombre et soleil), je peux donc vous dire sans hésiter et sans vous tromper que les autres livres de Edwardson valent le détour et font preuve de beaucoup plus de maturité que celui-ci. Même si ce billet vous paraît un peu dur, on ne critique fort que ce que l’on aime fort, alors n’hésitez pas accorder , comme moi, tout le crédit possible à ce suédois, bon teint, digne représentant de l’école scandinave (que vous pouvez retrouver dans le dossier spécial qui lui est consacré). A noter que ce premier roman a obtenu le Grand prix du Roman policier suédois en 1997.