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Affaire Battisti
Posté par Hardboiled le 28 septembre 2005, (populaire)
L'écrivain Cesare Battisti a été arrêté le 10 février 2004 à Paris et placé sous écrou extraditionnel à la prison de la Santé. Il a été mis en liberté provisoire mercredi 3 mars mais reste menacé d'extradition. L'audience pour l'examen de la demande d'extradition s'est tenue le 12 mai. Mercredi 30 juin, un avis favorable a été donné à l'extradition. Le 21 août, Cesare Battisti ne s'est pas présenté à son contrôle judiciare. Le 30 août, la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris a révoqué le contrôle judiciaire de Cesare Battisti et lancé un mandat d'arrêt contre lui. La cour de cassation a examiné le 29 septembre le pourvoi déposé par Cesare Battisti contre l'avis favorable à son extradition donnée le 30 juin dernier par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. Le 13 octobre, le pourvoi a été rejeté. La décision donne ainsi un caractère définitif à l'avis favorable rendu le 30 juin par la cour d'appel de Paris à la demande d'extradition du gouvernement italien. Le décret d'extradition a été signé par le premier ministre. Les avocats on introduit un recours en annulation devant le Conseil d'Etat. Le 18 mars 2005, le Conseil d'Etat a confirmé la mesure d'extradtion de Cesare Battisti. Prochaine étape : la Cour Européenne des Droits de l'Homme.
Octobre 2005Battisti dernière ou réglement de compte : Si vous vous rappelez bien, ce que l'on a appelé l'Affaire Battisti" (du nom de l'ancien activiste des années de plomb italiennes) a divisé non pas la France mais le milieu des intellectuels, romanciers et journaleux de tous bords. Eh bien, ce n'est pas complétement fini puisque un roman vient de paraître relancant la polémique.
En effet, Guillaume Perrault, journaliste au Figaro, revient sur cette affaire extravagante qui reste un voyage au cœur de l'exception française.
Juillet 2005
Si vous vous rappelez bien, ce que l'on a appelé l'Affaire Battisti" (du nom de l'ancien activiste des années de plomb italiennes) a divisé non pas la France mais le milieu des intellectuels, romanciers et journaleux de tous bords. Eh bien, ce n'est pas complétement fini puisque un roman vient de paraître relancant la polémique. En effet, Guillaume Perrault, journaliste au Figaro, revient sur cette affaire extravagante qui reste un voyage au cœur de l'exception française. Bon déjà, journalsite au Figaro, pour moi c'est suspect surtout pour parler de ce type d'affaire qui a rassemblé bon nombre d'intellectuels de gauche. Alors quand je lis dans la critique du Monde que l'auteur considére que les défenseurs de Cesare Battisti sont tous soit convaincus de son innocence, soit fans de ses polars, et dans tous les cas de vieux nostalgiques indécrottables de la révolution. Il est exact que les soutiens à Battisti n'ont guère mobilisé au-delà du cercle des anciens militants d'extrême gauche. Le livre semble donc vite tourner au pamphlet militant et retrouve les défauts de l'écrivain Fred Vargas (voir son article dans le Monde justement à l'époque) et du comité de soutien de l'ancien activiste lorsque, dans un ouvrage intitulé La vérité sur cesare Battisti, ils dénonçaient également en mai 2004, en sens inverse, la propagande des médias.
Guillaume Perrault se sert de l'affaire pour régler ses comptes avec tout ce qu'il exècre: les intellectuels, à commencer par Bernard-Henri Lévy, la Ligue des droits de l'homme, la gauche en général et la générationde Mai-68 en particulier. A priori à éviter (car je n'ai pas lu le livre et je n'ai pas l'intention de le lire)!
Juillet 2004
La violence des réactions à mes propos sur le terrorisme m'oblige à ces quelques mises au point a minima pour dissiper un malentendu : Non, je ne compare pas Cesare Battisti aux terroristes d'aujourd'hui. Non, je ne souhaite pas son retour en Italie (au nom de la parole donnée par l'Etat francais. Non, je ne soutiens ni la mobilisation italienne actuelle pour son extradition ni (et surtout pas) l'extrême droite italienne qui a sévit dans les années 70 et la droite conservatrice actuelle de Silvio Berlusconi. Non, je ne fais aucun amalgame pernicieux entre tous les concepts et idées véhiculées ici ou là. Oui, je m'interroge sur la démesure de la mobilisation francaise pour la défense de Cesare Battisti alors qu'il y a à peine deux ans, la demande d'extradition de l'enseignant Paolo Persichetti, réfugié politique en France, est passée quasiment inaperçue (pour être exact en 1994 un mouvement avait été soutenu par Mgr Jacques Gaillot et par l'abbé Pierre).
D'ailleurs, qui peut dire aujurd'hui avec certitude si la défense de Cesare Battisti est basée légitiment sur la parole de l'état francais, son innocence, l'iniquité des juges italiens, son appartenance au monde des ecrivains , la prescription des faits ou que sais je encore ? Oui, je m'interroge sur toute éventuelle manipulation médiatique, légitime ou pas, quelle soit transalpine ou francaise. Oui, je suis contre cet état policier que devient petit à petit la France (sous couvert de tolérance zero, on glisse de plus en plus vers l'intolérance).
Oui, je sais qu'un jour on peut être traité de terroriste et le lendemain de résistant (l'histoire en est pleine d'exemples). Oui, je suis contre le terrorisme lorsque celui-ci perpétue des crimes "gratuits". Oui, j'ai voulu donné les deux facettes de cette "affaire" en citant au moins deux articles pour et contre (voir les articles de Dan Franck et Barbara Spinelli cités sur le sites). Oui, j'ai le droit de m'exprimer et en aucun cas ce site (dédié au polar) ne se veut une tribune quelconque (d'ailleurs ce serait me faire bien trop d'honneur que de penser que son audience le mérite). Il n'en reste pas A Noter Au dela de ma réaction (que vous pouvez lire ci-contre) je me dois de signaler le livre à paraître "La Vérité sur Cesare Battisti", Textes et documents rassemblés par Fred Vargas, (à voir également ici l'interview de Fred Vargas dans Paris Match de novembre 2004) avec la collaboration entre autres de Claude Mesplede (oui, oui celui des dictionnaires de littératures policières et mon maître incontesté). J'en profite pour le saluer. moins que les faits sont ceux qu'ils sont, à savoir que l'état francais se dédit en voulant extrader Cesare Battisti, que celui-ci est sous le coup d'une condamnation, que beaucoup d'encre a coulé et coule encore sur ce cas (cf. plus haut et plus récemment l'article de Fred Vargas et Claude Mesplede dans l'Humanité). Pour en finir, la demande d'extradition de Cesare Battisti devrait être examinée par la cour d'appel de Paris le 12 mai prochain.
Avril 2004 :
Pendant ce mois sans mise à jour, j'ai évidemment râté les péripéties de l'affaire Cesare Battisti (relayé par des tas de sites consacrés au Polar) cet écrivain de roman policier qui est un ancien terroriste italien (des années 70) vivant actuellement en France. Sans me prononcer sur le fond (je n'ai pas lu ses livres), il peut être profitable de s'interroger sur le bien fondé de cette levée de boucliers d'intellectuels à l'heure, noire et malheureuse, où le terrorisme vient nous rappeler durement et cruellement en Espagne qu'entre l'engagement politique et le meurtre pur et gratuit, les terroristes peuvent parfois basculer de l'un à l'autre, au mieux sans discernement, au pire avec complaisance.En effet, Cesare Battisti est certainement un écrivain de polar interessant (je le suggère par pure charité d'âme, n'ayant pas lu ses livres et n'ayant pas l'intention de le faire), il n'en reste pas moins qu'il est sous le coup d'une condamnation par contumace à la prison à vie pour pas moins de 4 homicides, 4 personnes tuées par lui-même ou par le Groupe "révolutionnaire" qu'il avait fondé. S'étant enfui de prison en 1981, il se retrouve en France où il doit sa relative tranquilité à une disposition prise sous l'ère Mitterrand consistant à acceuillir les terroristes (italiens) à condition qu'ils renoncent à la lutte armée. Un certain romantisme amalgamant des concepts tels que révolutionnaire, mai 68, écrivain, intellectuel, repenti pourrait conduire à réécrire une histoire (certes digne d'un polar et des manchettes de journaux aussi sérieux que le Monde ne s'en sont pas privé) en "gommant" les aspects les plus noirs et abjects de ce que peut être le terrorisme (ou ceux qui s'en réclament), à savoir le sang, la douleur, l'atrocité, l'inutilité. Pour mémoire, les actes térroristes dans l'Italie des années 70-80 ont fait 349 morts et 750 blessés.
Aujourd'hui les attentats de Madrid, hier ceux de New York, de Paris, de Casablanca, de Karachi, de Bagdad ne servent qu'une seule cause, celle de la sauvagerie, de l'inhumanité, de l'irrespect et de l'intolérance. Et quand je parle de sauvagerie, d'inhumanité, d'irrespect et d'intolérance, c'est pour l'ensemble des acteurs (des deux côtés de la ligne de front) qui ne peuvent plus trouver d'autres moyens pour s'écouter, se comprendre, échanger, partager.
Pour prolonger la réflexion aller faire un tour du côté des articles de Dan Franck (écrivain) et Barbara Spinelli (journaliste à la Stampa) dans le Monde.