Les Polars de l'été 2006
Posté par Hardboiled le 14 juillet 2006, (populaire)
Pour se prélasser sur les plages cet été, ou à l'ombre des arbres à la campagne, pour se laisser bercer par les douces musiques de vos écrivains préférés, une sélection de polars (ou pas d'ailleurs) pour les deux mois à venir avec comme fil conducteur le dernier Mondial 2006 pour sa diversité de pays représentés.Piochez donc dans la pile de livres !!! Je ne les ai pas tous lus évidemment mais c'est sûr j'en amène certains en vacances et vous retrouverez la chronique sur ce site....Si cela ne suffit pas, vous pouvez également faire un tour du côté du dossier Tour du Monde du Polar !
L'Italie toute nouvelle championne du Monde
Romanzo Criminale de Giancarlo de Cataldo : Lorsque des petits loubards passent un vieil homme à tabac, c'est sans se douter qu'ils vont devoir affronter la vengeance d'un membre de la bande de la Magliana. En racontant l'histoire de ce gang qui a fait trembler Rome de 1977 à 1992, Giancarlo De Cataldo ausculte les années noires de l'Italie les Années de plomb). Le Libanais, le Froid, le Dandy le Buffle, Patrizia... une bande de petits voyous a fait main basse sur Rome, entre la fin des années 70 et celle des années 90. Voici l'histoire authentique de la "bande de la Magliana", qui a mis la capitale en coupe réglée. Ce roman épique d'une incroyable puissance a été unanimement salué par la presse italienne avant d'être adapté au cinéma par Michele Placido.Le Tour de la Bouée de Andrea Camilleri : les habituels ingrédients du doyen des auteurs italiens de polars, saveurs siciliennes, truculences langagières, odeurs de la mer et intrigues tortueuses sont comme assombris par la mélancolie qui s'est emparée de l'auteur et de son héros devant les noirceurs de l'époque. Malgré les injonctions de sa fiancée Livia, le commissaire Montalbano a décidé de démissionner. Sa décision prise, il veut, comme à l'accoutumée, se débarrasser de la laideur du monde en nageant dans cette mer qu'il a sous ses fenêtres. Et voici qu'il heurte le cadavre d'un inconnu en état de décomposition avancée, aux poignets et aux chevilles portant la marque de liens. Ce coup de force du destin le contraint à reprendre son boulot de flic.
Le Cargo sentimental de Cesare Battisti : En Italie, dans les années 70, un jeune homme quitte le foyer familial pour rejoindre un mouvement gauchiste, rompant ainsi avec son père, lui-même enrôlé malgré lui dans la Résistance. Portant autant d'intérêt aux filles qu'au combat politique, il rencontre bientôt Silvana qui l'initie à l'amour. Mais, un jour, la jeune fille lui apprend qu'elle est enceinte avant de disparaître. La lutte touche à sa fin. C'est la fuite. Vient alors le temps des errances qui l'entraînent à Paris, où il doit affronter les difficultés d'un exilé politique sans statut. Vingt ans après, il apprend la mort de Silvana et décide de partir à la recherche de Nada, leur fille, elle aussi militante... A lire également de Cesare Battisti Dernières Cartouches et le retrouvez dans le dossier spécial Battisti que lui consacre Hardboiled.
La France finaliste malheureuse
Manta Corridor de Dominique Sylvain qui nous balade entre un salon de coiffure africain du 13e arrondissement et une plongée dans la Seine: C'est l'été, la chaleur perle sur Paris et Ingrid n'est pas dans une forme éblouissante : d'une part son job d'artiste effeuilleuse au Calypso, la boîte chic de Pigalle, lui manque et, conséquence, son moral et ses fonds sont en baisse. Lors d'un déjeuner au restaurant Les Belles de jour comme de nuit, Maxime Duchamp apprend au duo (pittoresque tandem imaginé par Dominique Sylvain, la ronde Lolala longiligne Ingrid) la disparition de Louis, un jeune homme très apprécié dans le quartier, qui travaillait au noir comme shampouineur dans le salon de Lady Mba. Estimant qu'elle tient là un excellent dérivatif à la déprime qui guette son amie, Lola accepte d'enquêter. Dominique Sylvain une auteur à suivre..Les Bois Eternels de Fred Vargas : une perle à découvrir entre Polar et tragédie grecque. La Brigade avait accumulé des résultats incontestables, mais Veyrenc demeurait très sceptique. À savoir si cette efficacité était le résultat d'une stratégie ou le fruit tombé de la providence. Providence qui fermait les yeux, par exemple, sur le fait que Mercadet ait installé des coussins à l'étage et y dorme plusieurs heures par jour, sur le fait qu'un chat anormal défèque sur les rames de papier, que le commandant Danglard dissimule son vin dans le placard de la cave, que traînent sur les tables des documents sans lien avec les enquêtes, annonces immobilières, listes de courses, articles d'ichtyologie, reproches privés, presse géopolitique, spectre des couleurs de l'arc-en-ciel, pour le peu qu'il en avait vu en un mois.