L'Homme qui marchait avec une balle dans la tête de Philippe Pollet-Villard
Posté par Hardboiled le 29 novembre 2006, fichier attaché par Hardboiled le 4 février, (populaire)
Chronique d’un gangster ordinaire, ce livre est une sorte de road-movie singulier et attachant, tout simplement parce qu’il nous parle au cœur. On est ici loin, très loin, de certains canons actuels faits de sang, de sexe, de violence gratuite. C’est un premier roman de l’auteur mais c’est surtout une réussite car ce personnage de gangster qui fait des casses comme on devient représentant de commerce ou mécanicien pourrait être votre copain d’enfance à qui la vie a joué un mauvais tour. Une vie donc, remplie de tous ces petits riens qui vous font grandir, de ces quelques grands drames qui vous font vieillir prématurément.
Jean-Pierre, le gangster en question, s’est découvert une vocation avec des petits coups déconcertants de facilité, l’entraînant peu à peu vers des casses plus conséquents, jusqu’à la conséquence de trop qui lui vaudra cette fameuse balle dans la tête. Fin prématurée ? Que nenni, on ne lâche par JP comme cela, car la réussite du livre tient d’abord à l’attachement immédiat au personnage, à la petite musique littéraire qui nous tire vers les étapes d’une vie, heureuse quelque fois, dramatique souvent, mais toujours énergique pour avancer encore. De son origine italienne, de son adolescence dans le 13ième arrondissement
(cher à mon cœur) qui le voit bifurquer très tôt vers la délinquance, à ses séjours en prison, en passant par la mort de sa mère, chaque étape ici le construit un peu plus. Les personnages qu’il croise ou ses amis sont aussi les acteurs des leçons existentielles de son parcours. En le suivant pas à pas, on se prend à s’imaginer voire, à se dire, que ce trajet pourrait être le notre, que cette balle dans la tête pourrait la notre. Evidemment, il ne s’agit pas là de virer malfaiteur, notre balle dans la tête pourrait être tout aussi symbolique, mais l’humanité que dégage ce livre et cette écriture qui nous prend par la main, nous rappelle que nos choix de vie, nos compagnons de route, conditionnent le hasard. D’ailleurs existe il le hasard ? Il y a dans le livre une réflexion sur le hasard qui résume assez bien cette situation : voir le VerbatimPollet-Villard, un vrai narrateur, le livre, une histoire simple et attachante qui vous fait pénétrer un univers entre l’enfance, la scène, la poésie où l’énergie engendre une vision positive du monde.
En prime, un extrait du livre à écouter ici :
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