Horace McCoy, Un linceul pour Lui
Posté par Hardboiled le 16 août 2005, (populaire)
Horace McCoy est né le 14 avril 1897 à Pegram près de Nashville dans le Tennessee. Il eut une enfance assez dure et dut faire rapidement divers petits boulots, vendre des journaux à 12 ans, faire du porte-à-porte ou encore chauffeur de taxi à la Nouvelle-Orléans. Après avoir passé 18 mois en France pendant la guerre de 14-18, il reprend sa vie errante jusqu'en 1922 où il est chargé de la chronique sportive d'un journal de Dallas "The DallasSite" et y restera jusqu'en 1930, comme reporter et éditorialiste. La grande dépression l'oblige à quitter le DallaSite et exercer à nouveau un tas de petits boulots, d'ouvrier saisonnier à garde du corps, en passant par videur dans les marathons de danse...
Un linceul pour Lui
Pendant tout ce temps et après sa première parution dans Black Mask, The Devil Man (1927), il continue à écrire des récits policiers, d'aviation, d'aventures et de western pour divers pulps.
Une quinzaine d'entre eux ont été rassemblés par Harold Matson,
l'agent hollywoodien de McCoy et Jean-Claude Zylberstein dans deux recueils publiés uniquement en France. Il atterrit finalement à Hollywood en 1933 et y demeurera jusqu'à sa mort le 15 décembre 1955, des suites d'une maladie cardiaque. Il y signera une quarantaine de scénarios depuis Hold the Press (1933 - Phil Rossen) jusqu'à Texas Lady (1955 - Tim Whelan) et dont les plus célèbres sont Texas (1941 - George Marshall), Gentleman Jim (1942 - Raoul Walsh) ou encore The Lusty Men (1952 - Nicholas Ray).

Admiré et loué par l'intelligentsia française d'après-guerre qui le considérait l'égal de Faulkner, Hemingway et Steinbeck, Horace McCoy n'a jamais été vraiment accepté dans son propre pays, tant par les maisons d'éditions que par les critiques littéraires et par conséquent par le public américain. En particulier, son "On achève Bien les Chevaux" était considéré comme une pâle copie du "Facteur sonne toujours deux fois" de James Cain avec moins de personnalité. A sa sortie en 1948, "Adieu la Vie, Adieu l'Amour" fut considéré aux Etats-Unis comme l'oeuvre d'un romancier primaire et l'un des romans les plus dégoûtants jamais publiés.
"Un Linceul n'a pas de Poches" également, écrit en 1935-36 n'a pas trouvé, à l'époque, d'éditeur américain et fut finalement publié en 1937 en Angleterre. Horace McCoy a toujours considéré "Un Linceul n'a pas de Poches" comme son roman le plus autobiographique qui s'inspirait de son expérience de journaliste au Dallasite dans les années 20. Il y dresse, au travers du reporter Mike Dolan, un violent réquisitoire contre la corruption, les mouvements fascistes, le racisme, l'hypocrisie, avec un tel réalisme que l'angoisse se communique au lecteur à la fin du livre. C'est de fait la description impitoyable de la société américaine, des virulentes attaques contre le capitalisme, la presse, le cinéma et la dénonciation systématique du rêve américain par Horace McCoy qui a été rejeté par l'Amérique et fait de Horace McCoy un auteur maudit. Depuis sa mort, Horace McCoy n'est toujours pas reconnu, malgré l'adaptation cinématographique très réussie de "On achève Bien les Chevaux" par Sidney Pollack en 1969. Même Robert Hossein a adapté ce roman pour en faire une pièce de théâtre dans la lignée de ses succès précédents (mais franchement à oublier rapidement).
