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Derniers Verres de Andrew McGahan
Posté par Hardboiled le 14 juin 2007, page publiée par Hardboiled le 24 juin 2007, (populaire)
Polar profond, agréable, qui touche aux tourments de l'âme et aux fêlures internes. Quand on est alcoolique repenti, journaliste dans le journal d'un bled perdu du Queensland, qu'on coule, ma fois, une vie paisible, voir en pleine nuit resurgir son passé trouble que l'on a mis prés de dix ans à enfouir très profond et même à réussir à vivre avec, c'est vraiment dur d'autant plus quand cette irruption prend la forme pour le moins désagréable du meurtre horrible d'un de vos anciens compagnons de fortune. Car fortune, il y avait dix ans auparavant quand Georges était un journaliste reconnu, qu'il vivait la grande vie au prix de quelques arrangements avec la loi et la morale.
Corruption,
magouilles, cuites carabinées, amour et trahison étaient le lot d'une joyeuse bande que le livre va nous faire découvrir par flash-back successifs.Sur fond d'histoire (une grande enquête dans le Queensland australien des années 87-90 sur la corruption de la police et du gouvernement de l'époque) et de contexte politique, Andrew McGahan nous accroche dans un style clair mais détaillé, prenant et emprunt parfois d'une certaine rudesse. Georges repart donc à Brisbane et son chemin vers son passé passe successivement par chacun des membres de la bande, potentiel meurtrier de Charlie dont la mort a réveillé les vieux démons. Chez Georges, c'est aussi le démon de l'alcool et de sa lâcheté grimée en désinvolture. Chez Marvin, c'est celui du pouvoir et de la séduction. Chez Lindsay, c'est l'argent et le vice. Et chez Maybellene, la femme par qui le drame arrive, c'est le renoncement à des idéaux vites pervertis. Evidemment on finira par découvrir le meurtrier, mais ce polar vaut surtout pour la confrontation d'un homme (voire de tous) avec sa vraie nature et les compromis ou compromissions qu'il consent ou pas à faire pour se voiler la face. Vraiment une très bonne lecture.