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Polar Hardboiled

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Cripple Creek de James Sallis

Posté par Hardboiled le 7 décembre 2007, commenté par Jeanjean le 9 décembre 2007, (populaire)  
Etiquettes : Sallis

Partagé pour ne pas dire déçu. James Sallis a souvent été un des meilleurs impressionnistes du polar. J'en veut pour preuve Bluebottle que j'avais dévoré en son temps et qui me l'avait fait découvrir. J'ai voulu transformé cet essai avec ce nouveau livre. Sa puissance évocatrice et sa qualité d'écriture font toujours merveille pour cette somme d'histoires, de scènes, de personnages, de digressions, d'anecdotes et d'actions. Il sait installer une atmosphère, souvent pesante, souvent nostalgique, mélancolique, voire désabusée, mais toujours pleine d'émotions ou de violence faisant dérouler les chapitres telles des pièces finement ciselées d'un puzzle à venir. Sauf que le puzzle, il tarde vraiment à venir et j'ai eu un mal fou à en garder le fil directeur et à lui trouver une image d'ensemble. Quand la narration elliptique est poussée à l'extrême, l'ellipse s'aplatit, finit par s'estomper et devenir le fil tenu qui relie le lecteur au bouquin. Perdu dans ces ellipses successives et ces digressions variées, ce fil finit par casser, certes avec beauté et élégance mais il casse ! De la promesse d'un polar impressionniste digne de James Sallis, je suis passé à la déception d'un patchwork d'histoires écrites certes avec qualité mais au final, décousu et trop flou.
Tout commence avec une arrestation banale par le shérif du coin d'un type conduisant beaucoup trop vite en traversant le patelin du coin. Mais dans le coffre de sa Ford Mustang, on y trouve pas moins de 200 000$ et notre homme est muet comme une carpe. Autant dire les ennuis ne sont pas loin. Point de départ somme toute classique pour un polar, mais qui va vite sous la plume de Sallis prendre une autre tournure. On retrouve donc dans ce livre, des dizaines d'histoires qui s'entrecroisent avec en premier lieu, Turner, le flic au lourd passé (onze de taule malgré tout), réfugié dans cette petite bourgade du Sud pour y fuir un passé ou un présent lui demandant trop d'efforts, Nathan, le braconnier ténébreux, la propre fille de Turner venue lui rappeler son passé à défaut de son rôle de père, même Val l'amante et le shérif bonne pâte.
Même si j'ai étais déçu par ce livre, on peut y trouver des perles à défaut de construire le collier entier. Pour finir en beauté je vous livre la réflexion de Turner :
" Ne jamais faire confiance à un homme (ou une femme) qui n'a pas le sens de l'humour. C'est la règle numéro un. L'autre règle numéro un, bien sûr, c'est de ne jamais faire confiance à quelqu'un qui vous dit à qui faire confiance. "
J'avoue que cette maxime me va assez bien.
Jeanjean le 9 décembre 2007
Plutôt d'accord sur le dernier Sallis, c'est d'autant plus décevant qu'on est habitués au meilleur avec lui ! Attendons le prochain...

A propos de la maxime, il doit s'agir d'un dicton populaire, car je l'ai aussi trouvé dans un polar de Donald Goines, [i]Justice blanche, misère noire
...

a plus tard !

jeanjean http://moisson-noire.over-blog.com