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Faux Semblants de Jeff Abbott
Posté par Hardboiled le 24 mars, page publiée par Hardboiled le 6 avril, (populaire)
Terriblement efficace mais tellement prévisible ! Bon, je dois l'avouer j'ai été drôlement accroché à ce livre pour aller jusqu'au bout le plus rapidement possible. Mais, toutes les ficelles des thrillers "made in USA" que l'on a lus et relus a satiété ces derniers temps, finissent par un peu gâter le plaisir. Découpage en courtes séquences, croisement des visions de chaque personnage, petits détails parsemés ici et là pour permettre l'ajustement du puzzle final, rebondissements, voilà tous les ingrédients d'un bon film américain que l'on a vu déjà mille fois et que l'on aura oublié sitôt vu. Certes, Jeff Abbott est plutôt efficace et tente de démarquer ses personnages des clichés habituels, comme avec ce duo d'enquêteurs, un juge, à la dégaine plus proche de celle d'un surfeur adolescent attardé et vaguement flémard, que du costume croisé d'un politicard retors et une inspectrice pas si sure d'elle-même et récemment divorcée. Manipulations, zones d'ombres, secrets de famille profondément enfouis, tout est donc Faux semblants pour un polar à lire rapidement sur la plage, au lit ou dans le train.
Whit Mosley se retrouve temporairement Juge de Paix à Port Léo (Texas) par la grâce et les relations de son père au moment où Pete, une star (masculine) du porno, revient dans sa ville natale pour se faire trucider. En pleine campagne électorale pour sa ré élection, voilà donc notre juge, aussi fait pour ce boulot qu'un surfeur hippie pour la haute finance, confronté à sa première enquête sérieuse, avec pour protagonistes, la mère de l'étalon du porno, par ailleurs, sénateur en vue du coin, une inspectrice Claudia Salazar avec qui il fera une équipe assez efficace, un frère disparu, un tueur machiavélique, une belle-mère russe plus jeune que lui, et j'en passe.Vous avez là un petit aperçu des différentes pièces d'un puzzle que Abbott agence avec une maestria et un goût de l'intrigue certains qui vous accrochent au livre comme une moule à son rocher. Mais parfois, force est de constater que les ficelles sont un peu grosses et certains rebondissement tellement prévisibles. De même, quand par exemple, on voit apparaître un détail, tel cette Porsche citée au début sans trop de raisons, il est assez facile d'en déduire qu'on la reverra un peu plus tard dans d'autres circonstances, histoire d'étayer une démonstration trop bien ficelée.
Cela me fait penser à certains films de la production américaine, de très bonne facture, mais où tous les effets sont appuyés, où l'on guide le spectateur avec soit les plans qui vont bien, soit la musique idoine, histoire de s'assurer qu'il a bien compris. Du coup, c'est tout à fait le genre de livre où je m'amuse, avec une certaine réussite, à deviner l'intrigue le plus rapidement possible et à caler les indices disséminés dans les chapitres.
Au passage, même le tueur en série, élégamment dénommé le Saigneur, peut se deviner sans trop de difficultés dés les premières pages du roman. Il n'en reste pas moins que c'est un bon livre à dévorer sans modération.