Cannes 2008 sans Polar ?
Posté par Hardboiled le 15 mai, (populaire)
Etiquettes : Cannes Cinéma Festival
Au lieu de vous précipiter au volant de votre décapotable pour descendre sur la Croisette, de casser les ailes de votre nœud papillon assorti à votre smoking et de mettre un dernier coup de fer à repasser à la robe longue de votre Top Model au bras de laquelle vous déambulerez sur le tapis rouge des marches du Bunker festivalier, en un mot au lieu de jouer les cinéphiles Glamour au 61ième Festival de Cannes, préférez donc la lecture du dernier numéro de la revue Positif avec un superbe dossier sur le Polar Asiatique qui, de Hong Kong à la Corée en passant par le Japon, réussit le tour de force de faire la synthèse d'une approche purement commerciale, de l'influence française d'un Melville et de la création d'œuvres toutes personnelles.
Force est de constater que le Festival cette année s'américanise beaucoup. Des pointures sont présentes cette année à Cannes, avec comme Président Sean Penn et son copain Clint Eastwood en compétition (avec ce qui semble être un polar), car n'oublions pas qu'ils ont commis ensemble un très bon Mystic River, adaptation du non moins intéressant Denis Lehanne. Du coup, ce festival a des faux airs d'Oscars. Sur le site, vous pouvez déjà retrouver les Oscars et Polars dans un dossier spécifique, de saines interrogations sur Effet de Mode ou Vrai Renouveau du Film Policier Français ou sur Le Film Policier interdit de montée des Marches ?, alors pour compléter tout cela, un rappel des quelques polars (ou assimilés) ayant reçu une Palme à Cannes :- Pulp Fiction de Quentin Tarentino en 1994, le copiste surestimé (à mon avis), nostalgique des années 70 et des séries B.
- Barton Fink de Joël et Ethan Cohen en 1991, des frères vraiment surdoués, artisans d'une œuvre vraiment singulière où se mêlent The Big Lebowski, Miller's Crossing ou encore leur premier long métrage, le bien nommé Sang pour Sang.
- Sailor et Lula de David Lynch en 1990, l'allumé génial par excellence que l'on déteste ou que l'on adule (c'est mon cas de Erasehead à Blue Velvet, en passant par l'incontournable Twin Peaks ou Mulholland Drive).
- Taxi Driver de Martin Scorsese en 1976, sans conteste un chef d'œuvre même si on s'éloigne un peu du Polar, car depuis, le cher Martin s'est rattrapé question pur polar, avec des incontournables comme Les Affranchis, Les Infiltrés (retour ici vers l'influence du Polar asiatique) et autres Casino.
- Conversation Secrète de Francis Ford Coppola en 1974, qui sous les codes du polar, pose des questions autrement plus existentielles comme sa propre place dans la réalité et le regard que l'on porte sur les choses et les gens.
- Le Salaire de la Peur de Henri-Georges Clouzot en 1953, grand film de suspense et d'aventure avec la qualité française des années 50, mais empreint d'un cynisme et d'une ambiguïté intéressante pour l'époque.
- Le Troisième Homme de Carol Reed en 1949, vrai film noir avec un Orson Welles magistral, des scènes devenues inoubliables et un thème musical plus que lancinant.