Dope de Sara Gran
Posté par Hardboiled le 10 juillet, page publiée par Hardboiled le 20 juillet, (populaire)
Etiquettes : New York classiques
Je dois commencer par un aveu : j’ai acheté Dope de Sara Gran à cause cette couverture où des lèvres pulpeuses flirtent avec une cigarette, pas loin de se transformer en mégot, sous des volutes qui vous conduisent tout droit vers ce titre un rien provocateur Dope. Merci donc pour cette couverture attractive, car je n’ai pas regretté ce choix pour un bon petit polar, agréable à lire, vivant, avec des personnages auxquels on croit, aussi louches qu'attachants et une héroïne, Joséphine (notez le côté désuet de ce prénom dans un Polar), qui connaît d’autant mieux ce milieu, qu’il a été le sien il n’y a pas si longtemps, quand elle se piquait dans le creux des bras et qu’ elle subissait la loi de flic véreux. Le fait d'avoir situé le récit dans le New York des années 40-50 lui donne un côté un peu suranné, voire même un goût de pastiche ou d'hommage bien troussé aux classiques du genre. Mais cela n'enlève rien aux descriptions du monde interlope de la drogue, des dealers, des bas-fonds new-yorkais et de la vie âprement dure des putes camées et perdues.
En
effet, Joséphine (déjà, faut oser ce prénom dans un polar) ex droguée devenue clean et occasionnellement détective, doit retrouver une jeune fille de bonne famille, Nadine, perdue dans les affres de la drogue et de la prostitution. C'est l'occasion pour elle de retrouver tout ce pas très joli monde dont elle a eu un mal fou à se détacher. Son passé dans les milieux interlopes de New York va vite lui sauter à la gorge (et pas seulement au figuré) avec quelques rebondissements pertinents et des rencontres animées. Ses ennemis ne sont pas forcément les plus dangereux et dans ce monde il vaut parfois mieux se méfier de ses amis, anciens ou futurs présumés.L'écriture est agréable, vive et directe et l'intrigue sans vous faire monter au plafond, vous titille suffisamment pour vous tenir en haleine. Comment concilier un roman très noir avec un détachement et presque une certaine jubilation dans la façon de traiter le sujet, ma foi de belle manière !